« Petites filles qui riez et dansez, un jour vous serez mères. » Ce haïku japonais peut s’entendre comme un hymne à la vie : des enfants pleins de vie qui enfanteront d’autres enfants bondissant de joie. Mais on peut aussi le comprendre comme une condamnation. Car ce haïku résume une histoire millénaire : celle de gamines dont le destin est scellé dès la naissance. « Petite fille, un jour tu seras épouse et mère. » C’est ton seul avenir.
Dans la famille patriarcale, au Japon comme ailleurs, on attendait d’une fille deux choses : qu’elle se marie, serve et assiste leur époux, et qu’elle lui donne des enfants, de préférence des garçons.
Une fois mamans, ces mères s’employaient à transmettre consciencieusement ce modèle à leurs filles. Par tradition ? Par servilité ? Par « habitus » pour citer Pierre Bourdieu ? Non pas forcément. Comme on va le voir, il existe une autre hypothèse. Les jeunes filles, devenues mères ou belles-mères, avaient de bonnes raisons de faire subir à leurs descendantes ce qu’elles-mêmes avaient subi.
• Suite de notre série sur l’énigme de la domination masculine.
Episode 1. Les mâles dominants, des primates aux humains.
Episode 2. Préhistoire. Que faisaient les femmes aux temps de Lascaux ?
Episode 3. Patriarcat et matriarcat chez les peuples premiers.
Le destin des filles
Ce fut une constante à travers l’histoire : une fille, à la naissance, compte moins qu’un garçon. Il est un proverbe chinois qui affirme qu’« élever une fille, c’est comme cultiver le champ de son voisin ». En effet, une fois mariées, les filles quittent le domicile des parents pour rejoindre celui de leur époux. Dans la Chine traditionnelle, cette maison n’est pas vide : ses beaux-parents, dont elle devra s’occuper, s’y trouvent déjà.
Sa deuxième mission, la plus importante, sera de faire des enfants. Pour ses parents, une fille s’avère donc une charge inutile. Dans le pire des cas, dans les familles pauvres, le bébé est abandonné ou tué. L’infanticide des petites filles représente un lourd dossier qu’il faut tout de même rappeler. Il a été pratiqué en Inde et en Chine jusqu’à une époque récente. Ce meurtre des n’était pas propre à l’Asie, il était appliqué à Rome et en Grèce, comme dans le Moyen-Orient préislamique. La sourate 81 l’évoque pour la condamner 1.
Bien sûr, la plupart du temps, les parents gardaient l’enfant, « contre mauvaise fortune bon cœur ». Mais dès lors, la vie de la fillette était tracée d’avance.
Dans les milieux populaires, en Europe, en Chine, en Afrique ou ailleurs, les filles étaient élevées auprès de leur mère et l’assistent dans les tâches ménagères. La petite paysanne allait traire les vaches, récoltait les légumes et apprenait à les cuisiner. On lui enseignait la couture, le filage, comment s’occuper des plus petits. En Europe, jusqu’au début du 20e siècle, nombre de ces enfants étaient placées comme domestiques dans les familles aisées du coin, afin de ramener quelques sous au foyer. Avant de partir, on avertissait la jeune fille (« attention au grand méchant loup ! ») : une allusion à peine voilée au prédateur qui l’attendait dans la maison, mais que ne comprenait pas toujours la demoiselle.
Dans l’aristocratie, les filles n’étaient pas astreintes au travail domestique, elle apprenait les règles du savoir-vivre, à jouer du piano, danser, faire la conversation, organiser des réceptions. Bref, elles se préparaient à devenir de parfaites maîtresses de maison.
Le mariage précoce

À peine entrée dans l’adolescence, une fille était en âge d’être mariée. Dans les sociétés patriarcales – Chine, Rome, Grèce antique, Inde, Afrique, Europe du Moyen Âge –, les filles n’avaient pas le choix de l’époux. Elles étaient « promises » après un arrangement entre parents. Et l’union était scellée assez tôt. En Grèce, 13 ans était le bon âge pour marier une fille. En Inde et en Chine, entre 12 et 15 ans. Au Moyen Âge européen, Aliénor d’Aquitaine fut épouse à 13 ans 2. Il n’était pas rare qu’une alliance soit arrangée alors que la jeune fille était encore enfant. L’épouse préférée de Mahomet, Adjia, avait 6 ans lors de son union avec Prophète et 10 ans quand le mariage fut consommé (lui avait plus de 50 ans) 3.
Encore aujourd’hui, les mariages d’enfants n’ont pas disparu. En Chine, en Inde, mais aussi en Afrique ou au Venezuela, la pauvreté des familles est un facteur qui encourage les mariages précoces, permettant de recevoir le « prix de la fiancée » ou de supprimer tout simplement une bouche à nourrir. L’Unicef estime à plus 700 millions le nombre d’enfants mariés dans le monde (dont 100 millions de garçons). En 2024, à la suite de la plainte d’une jeune femme pour avoir été mariée de force quand elle avait 6 ans, la justice turque a condamné à de lourdes peines de prison un père et un mari 4.
Mariages tardifs et célibat
Si le mariage précoce des jeunes filles a été très largement répandu dans l’histoire, il ne faut pourtant pas trop vite généraliser. Au 17e siècle dans l’aristocratie anglaise, les filles se mariaient en moyenne à 26 ans, et un tiers d’entre elles restaient vieilles filles. Pourquoi ? Parce qu’une union revenait cher à la famille : les parents devaient « doter » leurs filles. La dot correspond aux biens que le père donne à sa fille lors de son mariage : comme elle est exclue de l’héritage, la dot représente en quelque sorte une compensation. Mais celle-ci coûtant cher à la famille, il fallait attendre pour rassembler la somme. Et s’il y avait trois ou quatre filles à marier, cela pesait trop. Les cadettes demeuraient célibataires.
Dans les milieux populaires, il y avait une autre raison de retarder l’âge du mariage. Les parents n’avaient pas les moyens de doter leur fille et ainsi de lui permettre de quitter la famille pour s’installer avec un homme tout aussi dépourvu. Pour fonder un foyer, la prétendante devait elle-même se constituer un pécule. Elle partait donc travailler – comme domestique, lavandière ou fileuse – pendant une dizaine d’années, de 12 à 22-24 ans, avant de pouvoir se marier.
Certaines domestiques ne se mariaient pas : elles restaient attachées à la famille de leurs maîtres. Il n’était pas rare que leur patron s’intéresse à elles pour d’autres raisons que leur travail de ménagère ou gouvernante. Même le révolutionnaire Karl Marx n’a pas résisté : quand il a engrossé sa bonne, le grand homme a été bien embarrassé. Un communiste ne peut pas abandonner un enfant : on a des principes. L’adopter, alors ? Non, il a trouvé une solution plus originale : il a demandé à son ami Friedrich Engels de reconnaître l’enfant à sa place. Et comme son camarade ne lui refusait rien, il a accepté !
L’épouse maîtresse de maison
Dans une société patriarcale, la jeune fille, en se mariant, passe de la tutelle du père à celle de son époux. Éternelle mineure, elle ne possède juridiquement aucun droit (à Rome, n’étant pas citoyenne, elle ne peut se porter seule en justice), et économiquement, elle dépend de son mari, car elle vit sous son toit, même si elle assure l’essentiel du travail domestique. En convolant, une femme entre donc au service de son cher conjoint. Ses deux missions : s’occuper de la maison et du domaine et lui faire des enfants, en priorité un garçon. Dans le modèle patriarcal, c’est ce dernier qui assurera la descendance, héritera des biens du père et de ses titres. Le but premier du mariage réside en cela : permettre à une famille de se perpétuer.
Nous avons l’habitude de voir dans le mariage une histoire d’amour entre un homme et une femme, mais, dans la plupart de sociétés du passé, ce n’est pas cela. Le but premier de l’union se situe pour un homme dans le fait de trouver une épouse qui l’assiste, s’occupe de la maison, participe aux travaux de la ferme (chez les paysans français, on disait que se marier, c’était « prendre femme à son compte ») 5.
A priori, en se mariant, la jeune femme ne fait que changer de maître. Mais une métamorphose importante s’est tout de même opérée : en tant qu’épouse, la voilà « maîtresse de maison ». Elle est « montée en grade » si on peut dire. Même si cette maison ou le domaine ne lui appartiennent pas, elle en devient la régente, la propriété devient son royaume.

Pour les femmes de l’aristocratie, le foyer est un domaine : une grande maison, des dépendances, des terres, des domestiques, autrefois des esclaves. À Rome, la conjointe règne sur ce domaine. Elle est l’épouse du patron, lui le patriarche. Lui est le padre padrone, elle la matrone. À ce titre, son statut est élevé et les gens la respectent. Même si elle reste la plupart du temps assignée à domicile, même si ses sorties sont contrôlées (elle doit apparaître voilée et accompagnée). Son mari s’intéresse assez peu aux questions domestiques et s’avère souvent absent : parfois, pendant des semaines entières, il part en campagne militaire. Le plus souvent, il parade en ville, s’occupe des affaires politiques, va aux jeux du cirque. À la maison, elle jouit donc d’une certaine autonomie de décision. Si elle fait preuve d’aplomb, la matrone peut même prend l’ascendant sur le mari (du moins en ce qui concerne aux affaires privées) et l’influencer dans ses choix. Caton l’Ancien le résume ainsi : « Tous les peuples obéissent aux Romains, mais tous les Romains obéissent à leurs femmes. » Woody Allen ne dit rien d’autre dans le film Radio Days (1987) ; quand son fils l’interroge pour savoir qui commande à la maison, il répond : « À la maison, c’est moi le patron… mais c’est ma femme qui décide ! »
La tyrannie des belles-mères
Mais avant d’accéder au statut de matrone, la jeune mariée trouve parfois sur son chemin une rivale : sa belle-mère. En effet, dans les sociétés patriarcales, l’élue rejoint la maison de son mari. Et dans les fermes ou les grands domaines où cohabitent plusieurs générations, l’épouse se retrouve en compagnie de sa belle-mère, qui n’est pas forcément son alliée.
Ce lien entre belle-mère et belle-fille est révélateur du fonctionnement de la famille patriarcale. Le même schéma se retrouve dans la Chine impériale, dans les grandes maisons marocaines (les riads), dans les belles demeures européennes ou dans les fermes collectives de Russie d’autrefois. Si la mariée est destinée à devenir la maîtresse des lieux, elle doit s’abord se soumettre à la reine mère, déjà en place. Belle-mère et belle-fille sont concurrentes pour prendre en main la maisonnée.
Dans Le Palanquin des larmes (1975), récit autobiographique qui se situe en Chine au début des années 1950, Chow Ching Lie narre comment elle a été mariée contre son gré à 16 ans. Puis comment à son arrivée dans la maison de son mari, elle a dû subir les brimades de sa belle-mère. Dans un passage titré « Sordide jalousie de ma belle-mère », elle raconte que lors d’une fringale pendant sa grossesse, cette dernière lui refuse les nouilles au poulet dont elle avait très envie : « Quoi, vous vous prenez pour une impératrice ! » Elle interdit aussi à son fils les gestes de tendresse à l’égard de son épouse sous ses yeux. « À la moindre caresse que me faisait mon mari – et Dieu sait si les Chinois sont discrets –, ma belle-mère le foudroyait du regard et lui rappelait le vieux proverbe : “Dans le lit, mari et femme, hors du lit maître et servante”. ». Tout est dit…
Des belles-mères tyranniques chinoises, l’historienne Danièle Elisseeff fait un portrait peu amène 6. Autres temps, autres lieux, mais la situation reste comparable partout où les jeunes mariés rejoignent le logis des beaux-parents. Hélène Yvert-Jalu, autrice de Femmes et famille en Russie d’hier et d’aujourd’hui (2008), écrit : « La vie des jeunes mariées est particulièrement difficile. Ce sont le plus souvent de véritables servantes sous les ordres de leurs belles-mères et la domination de leurs beaux-pères. » (p. 47)
En Inde, le conflit belles-mères/belles-filles reste encore aujourd’hui un thème récurrent des séries télévisées 7. Pour puiser des exemples en Europe, il suffit de se reporter au livre de Denis Aurousse, Les Belles-Mères de l’histoire. Des siècles d’amour et de haine (Jourdan, 2018). Des situations similaires, on en trouve aussi dans le monde musulman. Dans l’ouvrage La Famille en Islam d’après les sources arabes (collectif, 2013), l’historienne Catherine Mayeur-Jaouen note : « Dans la Kabylie rurale des années 1970, on constate la tyrannie des belles-mères à l’égard de leurs belles-filles. Cette tyrannie naguère assez courte vu la faible espérance de vie (…) tend à s’accroître. » 8
Pourquoi ces belles-mères sont-elles si dures avec leurs belles-filles ? Parce qu’elles se disputent un même territoire, la maisonnée. Parce que l’une est destinée à détrôner l’autre et à prendre sa place. En attendant, il existe donc un conflit potentiel entre elles.
Mais il y a une raison plus fondamentale encore qui rend les mères et les belles-mères si sévères à l’égard des jeunes femmes.
Le métier de mère
En passant de fille à épouse, d’épouse à mère, de mère à belle-mère, une femme change de statut. Ce changement de statut permet de comprendre pourquoi les mères ont été amenées à jouer un rôle actif dans la reproduction du système patriarcal.
Tout d’abord, rappelons que, dans les sociétés où existe un « prix de la fiancée », les beaux-parents – et donc les mères – assurent leurs vieux jours en mariant leur fille. Marier sa fille revient à l’échanger contre de la viande livrée à domicile comme chez les chasseurs-cueilleurs aborigènes, ou à recevoir des vaches comme chez les éleveurs d’Afrique. Aujourd’hui encore, en Afrique, en Inde, le prix de la fiancée rapporte de fortes sommes à ses parents. 9
Là où il n’y a pas de prix de la fiancée, marier sa fille est un moyen de nouer des alliances avec d’autres familles, voire de s’élever dans la hiérarchie. Élever sa fille pour en faire une « belle épouse », bien éduquée, jolie, attractive, c’est l’espoir d’attirer l’attention d’un prince, ce « gendre idéal » qui apporte fortune et prestige. Une brillante union fait les affaires des parents de l’élue.

Dans un système patriarcal, les mères ont intérêt à élever leurs filles pour en faire de bonnes épouses. Mais il y a pire : elles gagnent aussi à chouchouter leur garçon. Pourquoi ? Parce qu’une fois mariée, la jeune femme va abandonner le domicile, la ferme ou le village pour aller vivre ailleurs. Quand l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche marie ses filles à des princes européens, elle sait que dès qu’elles auront quitté le foyer, vers 15 ans, elle ne les reverra plus.
C’est encore le cas aujourd’hui en Afghanistan, dans les familles pachtounes. Les filles sont mariées très jeunes, puis quittent le foyer pour passer le reste de leur vie enfermée dans la maison de ses beaux-parents. Il n’est pas bon pour une mère de trop s’attacher à ses filles qui iront vivre dans une autre famille. En revanche, un garçon s’avère plus précieux. Il va rester auprès de ses parents. C’est lui qui va veiller sur le domaine familial, ramener de l’argent à la maison, puis une belle-fille qui va s’occuper de ses beaux-parents puis leur donner des petits-enfants. Pour une mère, le garçon est un trésor, une assurance pour l’avenir. Voilà qui est triste à dire et difficile à admettre, mais on trouve de bonnes raisons pour que les mères participent à l’asservissement de leurs filles.
Résumons-nous
Quand on examine le destin des femmes sous le régime patriarcal, il est évident qu’elles ont toujours eu un sort peu enviable. Elles ont été exploitées, violentées, enfermées et dévalorisées. Pourquoi ce dispositif a-t-il perduré si longtemps ? Dans un système patriarcal, où la famille est une unité de production et la transmission des biens va de père en fils, les filles sont des charges inutiles. Il y a toute raison de préférer et chérir les garçons.
Les mères et leurs filles n’ont donc pas les mêmes statuts ni les mêmes intérêts. En se mariant, une fille peut devenir une « maîtresse femme » à la tête de son petit royaume. Elle peut gagner à marier ses filles dans les meilleures conditions et à chouchouter ses garçons.
La famille patriarcale est donc un dispositif très verrouillé où les femmes, en devenant mères et belles-mères, participent à la reproduction du système. Ce organisation familiale a tout de même fini par se lézarder puis s’effondrer. Pourquoi et comment ? C’est ce que nous verrons dans le prochain épisode.
Notes
- « …et quand on demandera à la petite fille enterrée vivante pour quel péché elle a été tuée ? » (sourate 81, « L’obscurcissement »).[↩]
- Le garçon lui-même est marié tôt : Dans L’Histoire de la famille, l’auteur dit que l’âge est plus élevé, mais Jules César était marié à 15 ans. Octave, le premier empereur, marié à 16 ans. César a répudié son épouse pour se remarier, cette fois volontairement.[↩]
- Chez les Aborigènes, une fille pouvait être mariée à la naissance (Alain Testart).[↩]
- « Mariage forcé d’une fillette en Turquie : le mari et le père de la victime condamnés à de lourdes peines »,RFI , 23 septembre 2024. En ligne.[↩]
- Il y avait pour l’homme d’autres moyens d’assouvir ses désirs : prostituées, maîtresses, concubines, domestiques…[↩]
- Danielle Elisseeff. La Femme au temps des empereurs de Chine, 1988.[↩]
- Vijay Nagaswami, « Histoires de gendre et de belles-mères », Courrier international, 12 juin 2009.
https://courrierinternational.com/article/2009/06/12/histoires-de-gendres-et-de-belles-meres[↩] - On trouve le même son de cloche dans Camille Lacoste Dujardin, Des mères contre les femmes, La Découverte, 1985.[↩]
- Patriarcat et matriarcat chez les peuples premiers[↩]
À lire aussi dans ce dossier
Patriarcat. Quand les filles se sont enfuies
Le temps des patriarches
La tyrannie des belles-mères



Les dynamiques de genre sont celles qui résistent le plus au changement. En Afrique, même si l’égalité de genre commencent à avoir un écho favorable, le système patriarcal continue bel et bien d’exister sous d’autres configurations. Dans les configurations actuelles (Génération 2.0), le système patriarcal a pris un autre visage avec les influenceuses « donneuses de leçons » sur facebook, tiktok, insta. Le rôle de la femme n’est plus « a la cuisine » comme disait un pasteur influenceur, mais aux côtés de son mari ou compagnon. Celle-ci l’assiste dans ses affaires, ses entreprises, et ils recrutent des domestiques pour gérer le foyer et optimiser la rentabilité de la structure. Seulement, il faut bien garder à l’esprit que c’est pour l’homme qu’elle le fait (« derrière un grand homme se cache une grande femme »). Elle ne doit jamais oser se montrer comme propriétaire/initiatriced’une idée ou d’une entreprise; elle doit émettre l’idée à son mari, travailler dans l’ombre a faire briller ses affaires, et non se montrer elle-même, au risque de se faire passer pour une « usurpatrice » « voleuse d’autorité ». Une femme qui se met devant la scène est très mal perçue par les hommes. Ceux-ci s’en plaignent et trouvent leur autorité menacée. Cet état de fait montre combien le patriarcat reste ancré dans la société globale. Si dans la societé patricale elle est manifeste, dans les sociétés occidentales (fortement régies par des structures normatives soucieuse de l’égalité de genre), elle est plutôt latente et se transforme en tiranie et violence symbolique dans la conjugalité.
Oui, voilà comment a pu perdurer ce système verrouillé : non seulement la femme participait à son fonctionnement, mais la perversité même de ce fonctionnement a permis qu’elle participe de ce fonctionnement, ou, comment éduquer pour contraindre. Sidérant!
Passionnant même si cela est une histoire bien triste dans le système patriarcal que d’être née fille…
merci pour cet article éclairant et qui confirme la rationalité ( langage de sociologie) prime sur tout le reste. et que le premier besoin est celui de la survie , puis ensuite de la sécurité , de l’appartenance , reconnaissance et » épanouissement » ( pyramide de Maslow). Article aussi qui invite à analyser ce qui se passe d’une manière systémique. Même si les » choses » bougent », les dernières actualités nous rappellent combien l’homéostasie est prégnante. …
Le complexe d’Oedipe n’est qu’un cas des jeux d’alliances transgressions dans la famille
« Le complexe d’Oedipe de LAIOS »
sur la logique des jeux d’alliances et de transgressions des différences et des interdits
dans le système patriarcale .
THYMA Edition
Dans la famille patriarcale , la femme dévalorisée ,recherche une alliance avec un fils
tandis que la fille qui cherche une alliance avec le père , sera vécue comme une rivale
in « Le complexe d’Oedipe de LAIOS »
Dr Francois COMPAN
Thyma édition