Qui étaient les Vénus de de la préhistoire ?

La Vénus de Willendorf, très célèbre statuette préhistorique vieille de 30 000 ans a été découverte en Autriche en 1908. Des chercheurs viennent de découvrir a été sculptée dans une roche provenant du nord de l’Italie (proche du lac de Garde)[1]. Autant dire que quelques centaines de kilomètres séparait le lieu où elle a été sculptée et celui où elle fut retrouvée. Dès la préhistoire les objets voyageaient beaucoup.

Plus de deux cents « Vénus » de ce types ont été retrouvé dans quatre régions principales : les Pyrénées, l’Europe du Nord (entre Rhin et Danube), en Russie et Sibérie (cf. carte).

Toutes ces figurines sont construites sur un patron similaire : seule la partie centrale du corps et les caractères sexuel – seins, fesses, vulve- sont mis en avant. La tête, les bras et jambes ne sont qu’esquissés. Les variations portent sur la silhouette : bien en chair chez la Vénus de Willendorf et d’autres du même types. D’autres sont au contraire très longilignes.

La Vénus de Brassempouy, dont on n’a retrouvé que le visage et dont le chevelure est soigneusement tressée, fait exception.

Des représentations féminines, datant de l’époque paléolithique supérieur* sont également présentes aussi sur les parois des cavernes. Elles sont également réduites à leur plus simple expression : le bassin et la vulve.

Les Vénus préhistoriques ont suscité bien des hypothèses : celle de déesses de la fécondité, de déesse mère, d’amulettes porte bonheur, … quand ce n’est pas l’hypothèse de « poupée Barbie de la préhistoire ».

Il ne s’agit là que de conjectures car il est bien difficile de trancher : les images ne parlent pas d’elles-mêmes[2].

Le préhistorien Jean Guilaine vient de faire paraître un livre de référence qui présente l’état des savoir sur l’image de la femme dans la période qui suit : le néolithique « Femmes d’hier, Images, mythes et réalité du féminin néolithique. (Odile Jacob, 2022). L’auteur passe en revue les styles, les époques, les lieux. A l’époque néolithique, le nombre et la variété de figures féminines se sont beaucoup diversifiées. Impossible selon le préhistorien de dégager une évolution générale des styles et encore moins un patron unique. Impossible aussi de donner crédit à une interprétation unique.

[1] The microstructure and the origin of the Venus from Willendorf”. G Weber et al. Scientific report, Février 2022. En ligne.

[2] « Les images ne parlent pas d’elle-même » in La grandehistoire des images.». A lire dans L’humanologue n°5.

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