Caroline, Patronne de café au caractère bien trempé

Toutes les personnes que je rencontre m’intéressent. Ne fût-ce que par curiosité : on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Mais aussi — et surtout — parce qu’au fil des années et des rencontres, j’ai découvert un formidable secret : tout le monde a quelque chose à raconter. Une anecdote incroyable, une passion secrète, un rêve d’enfant, un déboire amoureux… chaque personne cache au moins une histoire passionnante, ou au moins surprenante. Il suffit d’ouvrir la porte. Parfois, il suffit même de l’entrouvrir.

Alors permettez-moi de partager avec vous certaines de ces rencontres plus ou moins furtives que j’ai eu la chance de faire. Une collection d’impressions qui formeront, peu à peu, comme une mosaïque d’humains — un autre aspect de l’Humanologie. Ce mois-ci, je vous parle d’Eddy, un sans-abri plein d’espoir.

Caroline

Nous avons hâte de vous lire !
En attendant : bonne lecture, bonne écoute, bonne réflexion et à bientôt !
Jennifer El Gammal (A Mad Belgian) et Jean-François Dortier (l’humanologue)
Rencontre 5. Caroline
Comme tous les jours, Caroline est là, derrière le comptoir de son petit café. Un café minuscule, à peine plus grand qu’elle, attenant à la piscine du quartier.
Peu de place mais une vue sur le parc et les vies qui y passent : les jeunes parents et leurs bébés bruyants, les amoureux en quête d’un banc public où se bécoter et bien sûr, les nageurs de la piscine d’à côté.
Les nageurs sont ses principaux clients, ils viennent souvent se requinquer après une séance d’entraînement. Lève-tôt, paresseux, nageurs sérieux ou dilettantes, tous aiment à s’arrêter un instant ici pour un petit café et quelque chose à grignoter avant d’affronter le reste de la journée. Elle les connaît (presque) tous, ses habitués. Elle dit bonjour, elle écoute les nouvelles du quartier.
Caroline, c’est l’âme de ce café. Elle ne se plaint jamais, même dans ses jours « sans ». Ces jours-là, elle observe simplement : « C’est curieux, je suis épuisée aujourd’hui. Mais j’ai bien dormi, c’est déjà ça ! ».
Mais c’est aussi un véritable personnage, Caroline. Une femme forte à la personnalité imposante. Elle fait son boulot d’une façon unique, pleine d’emphase.
« NON ! Ne jetez pas votre bouteille », crie-t-elle à quiconque s’approche de la poubelle, les faisant sursauter. Puis, d’une voix plus douce, elle explique: « Gardez-la, vous pouvez la remplir à la fontaine là-bas pour la prochaine fois ».
Elle ne vend pas à tout prix, elle n’a pas l’esprit commercial. Elle veut satisfaire le client. Elle fait attention aux gens. D’ailleurs, elle dit toujours la vérité, avec une abrupte spontanéité.
L’autre jour, je suis passée la voir après ma séance de natation, j’ai pris un café et j’hésitais à compléter mon petit déjeuner.
« – Il vous reste un croissant ou un pain au chocolat ? 
• Oui oui. J’en ai des normaux et des vegan. Mais je vous conseille d’éviter le vegan, il n’est vraiment pas terrible ».
Ce n’était pas de l’humour ni de l’espièglerie : juste un fait pur et dur, une info pratique.
Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire… et j’ai opté pour un pain au chocolat « normal ».

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