L’être humain ne peut s’empêcher de se projeter dans l’avenir. C’est congénital. Mais il est dans sa nature aussi de se tromper souvent. C’est humain. S’inventer un avenir commence assez tôt. À la question, « que feras-tu quand tu seras grand ? », les enfants se forgent des futurs : tantôt héroïques, tantôt exotiques, tantôt angéliques ou bucoliques. Ces rêves de jeunesse devraient se dissiper en grandissant, au dur contact de la réalité. Il n’en est rien. Une petite enquête humanologique, (→ page 25) suffit à montrer le contraire. À cette même question, les lecteurs de l’Humanologue livrent leurs rêves d’avenir. Le futur n’a pas de limite d’âge. L’enfant qui est en nous continue à s’inventer un avenir.
• Incorrigibles idéalistes, les humains ont aussi la fâcheuse tendance à se duper eux-mêmes. Il y a de bonnes raisons à cela. Le futur ne ressemble jamais vraiment au passé. Les événements ne cessent de déjouer les prédictions. Toute l’histoire des prévisions en témoigne : rien ne s’est jamais passé comme prévu. (→ Carnet de bord page 6) Ce qui n’empêche pas, toujours et encore, de faire des nouveaux plans sur la comète.
• Les scénarios extrêmes ont la faveur des oracles : l’histoire devrait choisir entre le paradis ou l’enfer, la lumière ou les ténèbres. Le 20e siècle a entonné les chants du progrès, de l’utopie, de la révolution et des lendemains qui chantent. En ce moment, ce sont plutôt les scénarios sombres qui ont le vent en poupe. Un nouveau récit s’impose : catastrophique, cataclysmique. De crise écologique en crise économique, de révoltes en guerres civiles : le monde se dirigerait tout droit vers un effondrement final.
• L’histoire, elle, se joue toujours de nos prévisions. Il y a eu des jours heureux (des belles époques et des renaissances) et des périodes très sombres (des épidémies, des guerres et des crises). Entre les deux, l’histoire suit la plupart du temps un cours plus sinueux. Ni tragique, ni glorieux. Plus cahotant que chaotique. (→ pourquoi le monde ne va pas s’effondrer page 48). Pourquoi n’en serait-il pas de même pour demain ?
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