Petit bestiaire des monstres ordinaires

Assassins, dictateurs, tueurs en série, harceleurs, sadiques : ils sont souvent présentés comme des monstres inhumains. À l’examen, leurs vies sont plus ordinaires et humaines qu’on ne le suppose.

Assassins…

Il y en a moins, mais on en parle plus
Assassin, meurtrier, criminel, tueur : ces mots sont souvent utilisés à tort comme synonymes. Car il ne suffit pas de tuer quelqu’un pour être un assassin. Le sniper américain Chris Kyle, qui durant la guerre en Irak s’est vanté d’avoir tué 123 combattants ennemis, était-il un héros ou salaud ? Il a été assassiné par un déséquilibré, un vétéran comme lui  1. La justice qualifie d’homicide (volontaire ou involontaire) le fait de tuer en violation de la loi. Les raisons des homicides sont multiples : règlements de compte, rixes qui dégénèrent, crimes crapuleux, féminicides, infanticides ou attentats. En France, il y en a en moyenne depuis les années 2010 moins de 1 000 par an (948 en 2021). Ce chiffre a été divisé par deux depuis les années 1980 et par quatre depuis les années 1960  2 ! On retrouve la même tendance dans la plupart des pays occidentaux. Ce qui confirmerait une « pacification des sociétés », une idée qui a pourtant du mal à convaincre dans l’opinion. Les journaux mettent à la une les crimes en tout genre. C’est leur rôle, mais cela donne une idée déformée des évolutions. Si les féminicides sont devenus très médiatiques, ce n’est pas qu’ils sont plus nombreux qu’auparavant : ils sont simplement devenus intolérables.

La baisse générale des homicides à l’échelle mondiale n’est pas homogène : il existe des poches d’ultraviolence. En Amérique centrale (Mexique, Honduras), les crimes ont atteint des sommets effrayants à partir des années 2000 dans le cadre de la guerre des cartels, toutefois depuis 2019, ils connaissent un net déclin  3. Les États-Unis restent une exception parmi les pays occidentaux. Avec 40 000 morts par an par armes à feu (soit environ 100 par jour), «les Américains ont vingt-cinq fois plus de chances de se faire tirer dessus que leurs homologues dans d’autres pays riches et supposés évolués », écrit le romancier Paul Auster dans son essai Pays de sang. Une histoire de la violence par arme à feu aux États-Unis (2023).

Carnivores

La fin de l’innocence…
Chaque jour, plus de 3 milliards d’animaux jugés comestibles (cochons, vaches, veaux, poulets,  poissons, etc.) sont exécutés pour être mangés. En France, plus de 3 millions d’animaux issus d’élevages sont abattus en France pour l’alimentation  4. Les mangeurs de viande (dont je fais partie) seront-ils un jour accusés d’être complices d’un génocide quotidien ? Voilà en tout cas la thèse dérangeante défendue par l’historien Charles Patterson dans son essai Un éternel Treblinka (2008). Si la Shoah est l’archétype de la barbarie, avec ses rafles, ces personnes entassées dans les wagons, et ces camps de la mort, comme celui de Treblinka, établir un parallèle avec le sort des animaux conduits aux abattoirs interroge. Pour asseoir sa comparaison, Charles Patterson commence par rappeler que tout au long de l’histoire, les esclaves, les barbares, les ennemis ont été réduits au rang d’animal pour être asservis sans scrupule. Aristote, par exemple, admettait que la domination des hommes sur les esclaves ou les peuples barbares (non civilisés) étaient de même nature que celle que les hommes exerçaient sur les animaux. Pour tuer un humain sans trop de scrupules, rien de mieux que de l’animaliser. Des guerres coloniales aux génocides du 20e siècle, les populations que l’on a voulu éliminer ont été traitées de « babouins », « vermines », «cafards », ou encore « cochons ». L’argumentation principale de l’auteur repose sur l’analogie entre la mort des animaux dans les grands abattoirs de Chicago et la façon dont les Juifs ont été exterminés dans les camps, selon un même modèle quasi industriel. On peut bien sûr juger douteux ce parallèle entre le capitalisme industriel et la solution finale, entre les Juifs et le bétail, un reproche qui n’a pas manqué d’être fait à l’auteur. Mais il n’a pas été le seul à faire ce parallèle troublant. Théodore Adorno l’avait déjà évoqué : «Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : mais ce ne sont que des animaux.»

Charles Patterson retourne aujourd’hui l’argument. Ce que l’on juge inhumain, à savoir le génocide des Juifs, pourquoi le fait-on à l’égard des animaux ? Certes, les conditions d’élevage et d’abattage des animaux se sont améliorées à la suite de plusieurs scandales dénoncés en France par l’association L214. Pour autant, il n’est plus possible de fermer les yeux sur ce qui reste tout de même un « animalicide » quotidien. Tout le monde sait aujourd’hui que des millions de vies sont sacrifiées chaque jour pour satisfaire les désirs des consommateurs de viande. De même, il est difficile d’ignorer que ces animaux qui partent à l’abattoir sont des êtres sensibles et que le veau, la vache, le porcelet ou le cochon ressentent les mêmes genres d’émotions que les mammifères humains. Impossible aussi de se justifier comme s’il n’existait pas d’alternative à la nourriture carnée.

Bref, il est difficile de plaider totalement non coupable quand vient le moment de porter à la bouche son morceau de steak haché ou son aile de poulet. Et quand viendra l’heure du jugement dernier, s’il vient un jour, il ne sera plus possible de dire à ce sujet : « On ne savait pas. »

Dealers

Pourquoi ils vivent encore chez leur maman
A priori, les dealers sont de sales types. Leur trafic est non seulement illégal, mais moralement odieux : ils usent souvent de la violence (entre eux), ils vendent du poison et travaillent pour de monstrueux cartels. Un article retentissant paru en 2005, « Pourquoi les dealers vivent-ils chez leur maman ? » 5 , présentait toutefois les choses sous un autre angle. Selon ses auteurs (un universitaire et un journaliste), le business de la drogue n’est pas si différent de l’économie légale. Dans un ghetto noir de Chicago 6, l’économie des stupéfiants était à l’époque un des rares débouchés rentables pour les jeunes garçons. Le gang qui y régnait était alors composé d’une hiérarchie très formelle. À sa tête, un caïd local entouré d’un staff d’une vingtaine de cadres spécialisés : quatre à six s’occupaient des liens avec les fournisseurs, une douzaine encadrait une équipe de rue dont le rôle est de recruter, collecter les recettes et corriger les tricheurs. Les activités de terrain étaient confiées à des groupes locaux travaillant sous « franchise ». Chacun de ces groupes était sous la tutelle d’un petit chef : il payait un tribut en échange de l’autorisation d’opérer sur un territoire donné. Le staff fournissait la marchandise et assurait un soutien en cas de coup dur (la prison). Chaque chef de quartier était assisté des lieutenants : un trésorier, un responsable de l’approvisionnement et un autre en charge de la « sécurité ».

Tout en bas de l’échelle se trouvaient les dealers de rue. Ils étaient eux-mêmes assistés de gamins chargés de faire le guet : un petit job de débutant rapportant un peu d’argent de poche. Autour de ce business gravitait tout un personnel périphérique comme les « mules » (qui transportent la drogue d’un point à un autre), les « nourrices » qui cachent la drogue dans leur appartement ou des clients qui, à l’occasion, rendent des services en échange de drogue gratuite. Jusqu’à un quart des jeunes du quartier peuvent travailler dans le business. Le business de la drogue, avec sa hiérarchie, sa division du travail, ses contrats, sa comptabilité, et ses circuits organisés présente ainsi un schéma économique aussi rationnel qu’une entreprise commerciale lambda.

Entrer dans ce business était un choix tout à fait raisonnable pour des jeunes qui n’avaient pas beaucoup d’autres choix. Dans le contexte d’un ghetto social, les chances de réussite scolaire et de trouver un travail étaient faibles alors que le « business » offre de vraies opportunités. Dès lors, pour obtenir ce dont rêvent les jeunes gens – de l’argent pour se payer un téléphone, une moto ou un ordinateur, sortir en boîte – participer au trafic est un moyen simple et tentant. Pour les petits dealers, ce job transitoire ne rapportait pas beaucoup. Pas assez au départ pour se payer un appartement. Voilà pourquoi la plupart d’entre eux vivaient encore… chez leur maman.

Dictateurs

Ils sont comme nous
Voici venu le temps des nouveaux despotes. Leurs noms ? Kim Jong-un (Corée du Nord), Xi Jinping (Chine), Poutine (Russie), Loukachenko (Biélorussie), Maduro (Venezuela), Erdogan (Turquie). D’autres, moins célèbres, sont à la tête de régimes autoritaires en Afrique (Érythrée, Centrafrique, Guinée équatoriale), en Asie centrale (Turkménistan, Azerbaïdjan) ou au Moyen-Orient (Syrie, Iran, Arabie saoudite, Yémen). Certes, les despotes n’avaient jamais disparu de l’histoire, mais il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait les penser en voie de disparition. À la fin du  20e siècle, la démocratie progressant dans le monde, les autocrates semblaient appartenir au passé. On a tendance à les décrire comme pervers ou fous. Le dictateur est assoiffé de pouvoir ; il est froid, machiavélique, narcissique, paranoïaque. Mais cette vision pathologique du pouvoir ne fausse-t-elle pas le jugement ? Car s’il est vrai que «le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument», pourquoi ne pas penser que c’est la dictature qui fait l’homme plus que l’inverse ?

La paranoïa n’est pas injustifiée quand vous vivez dans un contexte d’intrigues de palais, ou lorsque des puissances extérieures cherchent à vous déloger. L’autoritarisme et la fermeté ont valeur de stratégie efficace pour tenir en respect des opposants. Le culte de la personnalité est un moyen de légitimer son pouvoir personnel. Le sentiment d’infaillibilité et d’invincibilité se justifie quand des cénacles d’idéologues et de courtisans légitiment toutes vos décisions et vous cachent vos faiblesses et vos erreurs. Rien n’interdit de penser que Xi Jinping ou Ali Khamenei croient sincèrement agir pour une bonne cause, défendre le bon ordre, quitte à le faire contre la volonté d’une partie de son peuple. Les dictateurs ont aussi une vision du monde qui leur paraît juste et morale. Le journaliste André Frachon propose en tout cas cette hypothèse dans un récent essai  7 : «Quarante ans de journalisme m’ont appris une chose. Le plus souvent, hommes forts, autocrates et dictateurs pensent ce qu’ils disent et font ce qu’ils disent. » Et d’ajouter que « l’hypothèse n’est pas forcément rassurante». Pourquoi toujours faire des dictateurs des esprits dérangés, cyniques et malveillants ? Ils n’en sont pas moins dangereux s’ils considèrent, en toute bonne foi, agir pour le bien de leur peuple.

Harceleurs

Ça se passe près de chez nous
Le phénomène du « harcèlement moral » sort de l’ombre au début des années 2000 avec la parution d’un best-seller sur le sujet  8. Le harceleur y était présenté sous le visage malfaisant du pervers narcissique : le petit chef qui brime ses employés, le conjoint jaloux, autoritaire ou manipulateur. Dans le domaine du travail, une enquête européenne de l’époque a révélé qu’au début du 21e siècle, un salarié sur dix s’estimait victime d’une forme de harcèlement. Les personnes touchées sont majoritairement des femmes (les deux tiers) de plus de 40 ans. Le harcèlement pouvait prendre la forme de l’intimidation, du dénigrement et des critiques systématiques d’un salarié. Le mépris, les menaces et l’insulte en font partie.

Le thème du harcèlement moral au travail est-il le fait d’une personnalité pathologique ou d’une forme de management associé à un contexte organisationnel précis : celui de l’intensification des rythmes du travail, des plans de restructuration, des réductions de personnel, qui se sont généralisées à partir des années 1990. Nombre de sociologues ont fait valoir que la course au rendement a favorisé le harcèlement, parce que les managers ont été conduits à faire pression sur les salariés pour augmenter la productivité, voire provoquer leur départ. Le « harcèlement sexuel » est une facette du harcèlement. Là encore, le coupable présente un profil psychologique pervers : celui du prédateur qui cherche à forcer le consentement par ses comportements insistants – messages à répétition, remarques grivoises, gestes déplacés. Mais ces conduites sont désormais bien identifiées comme étant typiques d’un rapport de domination machiste plus que d’un trait de caractère. Le phénomène était si fréquent à une époque pas si lointaine qu’il n’était ni relevé, ni dénoncé, ni même condamné. À l’école, le harcèlement fut longtemps aussi courant qu’ignoré. Il fait partie de la vie scolaire ordinaire. Les harceleurs ne sont pas forcément de mauvais bougres. L’acte se présente dans ce cadre sous la forme de moqueries, de mises au ban, de petites méchancetés contre un souffre-douleur. C’est un jeu malsain dont les auteurs – les harceleurs agissent toujours en meute – ne se rendent pas compte de la portée et des souffrances infligées à leur victime. Désormais, l’institution a pris la mesure du phénomène et les élèves sont sensibilisés au sujet. Sur les réseaux sociaux enfin, le harcèlement est facilité par l’anonymat. Ce déferlement continu de haine, de messages d’insultes et de menaces révèle sans aucun doute une des faces les plus sombres du monde moderne et du comportement humain en général.

Tueurs en série

Le mythe des serials killers
Les tueurs en série ne sont pas ceux que l’on croit. En France, Francis Heaulme fut le premier «serial killer » répertorié depuis des lustres, prenant la suite de Landru ou du docteur Petiot qui avaient défrayé la chronique en leur temps. Francis Heaulme ne correspond pas au profil du serial killer tel que le présentent les séries télé ou les romans, à savoir un sadique qui prépare ses crimes en suivant un mode opératoire précis, qui jouit de la souffrance de ses victimes et joue au chat et à la souris avec la police en laissant des avertissements et des messages codés. Dans les années 1980, Francis Heaulme est arrêté pour avoir poignardé sauvagement une femme qui prenait le soleil, seule sur une plage. L’enquête mène rapidement à l’arrestation de celui qui est alors SDF. Au fil des investigations, menées par le gendarme Jean-François Abgral, on soupçonne F. Heaulme d’avoir d’autres meurtres à son actif : il finira par en avouer neuf. La justice l’a également reconnu coupable du meurtre de deux jeunes garçons à Montigny-lès-Metz en 1992  9.

Francis Heaulme a connu une enfance difficile : maltraité par son père (c’est une caractéristique très fréquente chez les tueurs en série), moqué par ses camarades d’école pour son apparence physique et sa légère débilité, il a souffert de troubles du comportement (dont l’automutilation). À la majorité, il a quitté sa famille et vécu en marginal, alternant les passages dans les foyers d’Emmaüs et les hôpitaux psychiatriques. C’est au hasard des rencontres qu’il commet ses meurtres (le plus souvent à l’arme blanche). Rien n’est prémédité dans ces actes, il répond juste à de brutales impulsions. Les autres tueurs en série français recensés ne répondent pas non plus au profil canonique tel que décrit dans les fictions. Guy Georges, Émile Louis, Thierry Paulin, Michel Fourniret et plus récemment, Nordahl Lelandais. Quel est le point commun entre ses tueurs en série ? Presque tous sont des prédateurs sexuels  10. Ils ne tuent pas par sadisme, pour le plaisir de tuer, ne torturent pas leur victime : ils tuent la plupart du temps pour dissimuler un viol  11. Si les tueurs en série existent bien, ils ne correspondent donc pas du tout au profil fantasmatique du tueur psychopathe – Hannibal Lecter, Dexter – colporté par la fiction. Romans et films ont fait des serials killers des monstres qui prennent plaisir à torturer leurs victimes, les mutilant selon un mode opératoire proche d’un rituel quasi satanique. Un mentaliste (ou profiler) est alors chargé de mener une enquête psychologique qui conduira à remonter la piste… L’immense majorité des tueurs en série sont en fait des prédateurs sexuels qui dissimulent leur acte, auxquels se mêlent quelques rares tueurs impulsifs (qui s’acharnent sur leur victime, mais ne les torturent pas).

Le serial killer psychopathe relève plus de la mythologie contemporaine que de la réalité. Le journaliste Stéphane Bourgoin, longtemps présenté comme un maître sur le sujet, a donné crédit à ce profil spécifique dans ses livres documentaires à fort tirage  12. Il aurait rencontré près de 80 tueurs en série dans les prisons américaines et européennes. Mais ses enquêtes ne sont plus vraiment à prendre au sérieux depuis que l’on a découvert que cet expert autoconsacré était en fait un mythomane qui a inventé de toutes pièces la plupart de ses interviews. Il a d’ailleurs fini par le reconnaître. •

Notes

  1. Un film, American Sniper de Clint Eastwood (2014), lui a été consacré, tandis qu’une BD de Nury et Brüno, L’homme qui tua Chris Kyle (Dargaud, 2020) s’intéresse à son assassin.[]
  2. Lire « Homicide, pourquoi tuer son prochain ? », L’Humanologue n° 8.[]
  3. Lire « Amérique centrale : chute spectaculaire des homicides » en ligne sur le blog de L’Humanologue[]
  4. Ces chiffres sont établis pour l’année 2018 par l’association L214 dans leur dossier en ligne : «Les chiffres-clés de la souffrance animale ».[]
  5. Article à retrouver dans Steven Levitt et Stephen J. Dubner, Freakonomics, Denoël, 2006.[]
  6. Où l’on compte en moyenne 99 % d’Afro-américains, un taux de chômage de 35 %, un taux de pauvreté de 60 % et des familles monoparentales à 77 %.[]
  7. Un Autre monde. L’ère des dictateurs, Perrin, 2022.[]
  8. Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement moral. La violence perverse au quotidien, Syros, 1998.[]
  9. Meurtre pour lequel fut longtemps accusé Patrick Dilz qui, après 17 ans de prison et trois procès, a finalement été innocenté.[]
  10. Excepté Thierry Paulin, dit « le tueur de vieilles dames ».[]
  11. Francis Heaulme est un cas particulier : il était atteint du syndrome de Klinefelter qui le rendait incapable d’avoir des relations sexuelles.[]
  12. Dont le best-seller Serial killers. Enquête sur les tueurs en série, Grasset, 2003.[]

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