Qui était confucius ?

« Apprendre sans réfléchir est vain, mais réfléchir sans étudier est dangereux. » « Si tu ne consacres pas une pensée au futur éloigné, tu seras en difficulté lorsqu’il sera proche (1). » Voici quelques-uns des aphorismes que l’on trouve dans les Entretiens de Confucius, le premier texte de référence du confucianisme.

On sait peu de chose de la vie de Confucius. Son nom Kongzi (ou Konfuzi) signifie « maître Kong » et a été traduit en Occident par les Jésuites missionnaires sous la forme latinisée de Confucius.

C’était un « lettré », administrateur, conseiller du prince et pédagogue qui exerça auprès des autorités des provinces. Mais la fin de sa vie fut celle d’un chef d’école sans attache, à la recherche d’un prince qui puisse l’accueillir : « Si seulement il se trouvait un souverain pour m’employer, en un an je mettrais les choses en route, et trois ans après, on aurait des résultats » (Entretiens, XIII, 10) (2).

Confucius a vécu une époque troublée, où le pouvoir royal des rois Chou était affaibli et où les princes locaux se disputaient entre eux les territoires, les privilèges. L’ordre social était menacé et Confucius rêvait de restaurer un âge d’or, plus stable, harmonieux, fondé sur la tradition et le respect du rite (le rite jouait un grand rôle dans la Chine traditionnelle : c’est un ensemble de règles, très conventionnel et solennel, qui régissait la vie de chacun, les règles de civilité).

À la question « Quelle voie suivre pour mettre fin aux désordres ? », Confucius répondait par le recours à la tradition : le nécessaire respect du fils envers son père, du sujet envers ses maîtres. En ce sens, sa doctrine était profondément conservatrice. Mais il était aussi un réformateur dans la mesure où il voulait moraliser la vie publique. Confucius s’oppose d’une part à l’autoritarisme. Si les sujets doivent respecter leur prince, en retour, ce dernier doit le respect à ses sujets, comme le père respecte ses enfants, et le mari sa femme. L’homme de bien est donc une sorte de dictateur éclairé qui agit pour le bien d’autrui : « L’honnête homme envisage les choses du point de vue de la justice, l’homme vulgaire du point de vue de ses intérêts », peut-on lire dans les Entretiens, ou encore « L’honnête homme est exigeant envers soi, l’homme vulgaire est exigeant envers autrui ».

Les multiples versions d’une doctrine

Après s’être diffusé au sein d’une petite élite de lettrés, le confucianisme est devenu une idéologie impériale à partir de la dynastie Han (-206/220). Mais l’éclatement de l’empire à la fin de la dynastie, accompagné de l’essor du bouddhisme, allait aboutir à un déclin du confucianisme durant plusieurs siècles. C’est à partir du XIIe siècle, sous la dynastie Song (période de la Renaissance chinoise), qu’un néoconfucianisme s’impose comme doctrine officielle. Il formera alors la base des examens de la bureaucratie des lettrés. Durant la longue période qui suit, le confucianisme reste l’idéologie officielle même si le mot ne recouvre pas une doctrine homogène. Sa longue histoire est faite d’hybridations (avec le taoïsme et le bouddhisme), et des écoles multiples avec leurs interprétations diverses mettent chacune l’accent sur l’une de ses facettes.

Du fait de sa longue histoire, de son rôle institutionnel et des nombreuses écoles qui s’en réclament, le confucianisme a connu de nombreuses versions : moraliste, métaphysique ou humaniste. Le caractère énigmatique des propos de Confucius, qui s’exprime sous forme de petites histoires pleines de sous-entendus, a favorisé les interprétations les plus diverses.

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