Pain is inevitable ; suffering is optionnal. Cet aphorisme est bien connu des marathoniens. L’écrivain japonais Haruki Murakami se le rappelle quand il court. 1 Durant les moments de grande souffrance, il a appris à dompter sa douleur en la mettant à distance. La douleur est présente et on ne peut l’ignorer, mais on peut limiter son impact en apprenant à l’observer comme s’il s’agissait d’un phénomène étranger, comme si notre corps ne nous appartenait pas. On parvient ainsi à rendre la douleur moins pénible, à lui accorder moins d’importance, à ne pas se laisser envahir par elle. Ce qui est d’un grand secours lorsque l’envie nous vient d’abandonner.
C’est sur ce principe qu’est fondée la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT, pour acceptance and commitment therapy), inventée dans les années 1980 par un groupe de psychothérapeutes américains. L’ACT fait partie de la « troisième génération » des TCCs (thérapies comportementales et cognitives). La première génération (comportementale) reposait sur l’usage du conditionnement (et les techniques de désensibilisation). La seconde génération (cognitive) vise à la prise de conscience de ses pensées routinières et de ses émotions inadaptées afin de les transformer.
Pour l’ACT, il est vain de chercher à lutter contre ses pensées négatives : la peur, la colère, l’angoisse, la tristesse, la timidité ou la culpabilité. Ces émotions sont inévitables car elles font partie des réactions psychiques fondamentales de tout être humain. Ce sont des mécanismes de défense qui accompagnent le vivant. Comme pour la douleur : on peut la maîtriser, mais pas la supprimer.
Les tentatives pour tenter d’éliminer les pensées négatives sont donc vouées à l’échec. Pire : elles contribuent même à renforcer leur importance, comme ces idées que l’on cherche à chasser de l’esprit et qui reviennent en boucle.
L’ACT consiste d’abord dans « l’acceptation » de ses émotions négatives. Mais le mot « acceptation » ne doit pas être entendu comme une résignation, mais plutôt dans son sens actif, comme dans l’expression « accepter un rendez-vous », ou « accepter une proposition ». Il faut savoir accepter la douleur, la peine, la tristesse et la culpabilité, mais en refusant de se laisser envahir par elles. Une fois « acceptées », les émotions négatives ne sont plus un frein à l’action, ni une cause d’abandon. •
Notes
- Haruki Murakami, Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, éditions 10/18, 2011.[↩]




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Mélanie