Le tour du monde de l’humain

Janvier 2022. Comme tout aventurier lancé dans un projet un peu trop ambitieux, vient toujours un moment de fatigue et de désarroi. L’explorateur s’est engagé au coeur de la forêt. Il a perdu ses repères. Le jour tombe. Chaleur, humidité, solitude, désorientation font leur oeuvre. Le doute s’installe. Le moral flanche. « Mais qu’est-ce que je fais là ? »

Pour moi, ce moment est arrivé.

J’admets volontiers que ma situation est nettement moins périlleuse que celle de l’alpiniste ou du navigateur. Sous mes pieds, ni vide, ni fonds marin. Je suis confortablement installé dans un fauteuil, posé sur un joli tapis, qui repose lui-même sur un parquet verni. Le radiateur diffuse une douce chaleur. Tout autour de moi, des centaines de livres sont alignés sur les rayons de ma grande bibliothèque, qui se ramifie dans les autres pièces de la maison.

Mes voyages ne sont que des voyages en pensée.

En 2020, je me suis embarqué dans une aventure solitaire, la rédaction d’un périodique consacré à l’étude des humains : L’Humanologue.

Le but de cette entreprise ? Explorer tout le « territoire de l’humain » ; en établir une vue synthétique ; parvenir à établir une sorte de portrait-robot de l’être humain plongé dans son décor naturel : l’humain au travail, en vacances, à la maison, avec des enfants, dans son lit (seul ou accompagné), sur un champ de bataille, dans un supermarché, un lieu de prière, un stade de football ou tout simplement installé dans un confortable canapé, une bière à la main, en train de s’inventer, de se raconter des histoires (comme moi en ce moment).

L’Humanologue tient, dans mon esprit, du voyage d’exploration. Ce voyage n’a pas de destination précise mais a tout un monde à parcourir : faire le « tour de l’humain ». C’est un long périple qui suppose d’explorer de multiples contrées : naviguer dans les méandres du psychisme, traquer les ressorts cachés des passions humaines, remonter aux origines de l’humanité, pénétrer dans les temples anciens, dans les cours royales ou les chaumières des paysans, se glisser tout aussi bien sur les champs de batailles que dans l’intimité des familles. Bref, explorer les différentes formes d’expériences humaines en essayant d’en tirer des leçons générales sur la nature humaine.

Tout cela à partir de mon fauteuil. Et donc sans grand risque pour ma santé physique.

L’arpenteur du monde

« J’offre, au déclin de ma vie, un ouvrage dont les premiers aperçus ont occupé mon esprit depuis un demi-siècle. Souvent, je l’ai abandonné, doutant de la possibilité de réaliser une entreprise trop téméraire. Toujours, et imprudemment peut-être, j’y suis revenu, et j’ai persisté dans mon premier dessin. »

L’homme qui a écrit ses lignes se nomme Alexandre de Humboldt (1769-1859), c’est le père de la géographie moderne. C’est mon héros et modèle du moment.

Grand voyageur, esprit encyclopédique, il a passé une partie de sa vie à parcourir le monde pour y découvrir les paysages, les sols, la végétation, la faune et les populations locales en cherchant à comprendre ce qui les unissait. Il s’est surtout fait connaître pour la grande expédition scientifique qu’il a conduite en Amérique centrale et du Sud (de 1799 à 1804). Accompagné de son assistant, le français Aimé Bonpland, il a parcouru de vastes régions alors méconnues, remontant le fleuve Orénoque et le rio Magdalena, franchissant les montagnes et réalisant au passage la mesure de plusieurs pics. Il séjournera à Cuba, visitera Bogota, traversera les Andes de Quito à Lima, fera escale à Vera Cruz et Mexico… À son retour, Humboldt va publier Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, un immense traité en trente volumes.

Sa curiosité était sans limites. A. de Humboldt s’est intéressé à la formation des volcans, aux microclimats comme aux courants marins (il a donné son nom à un courant froid de la côte péruvienne). Il a rapporté d’Amérique des centaines de plantes inconnues. Il s’est préoccupé de très près des modes de vie des populations rencontrées, en décrivant la diversité des groupes indiens, leur organisation, leurs langues, leurs pratiques religieuses. Son souci du détail le portait à décrire les trompettes sacrées des Indiens (botuto), comme à récolter des statistiques sur les habitants des villes du Mexique.

Mais au cours de ses pérégrinations et études de terrain, il ne s’est jamais laissé distraire de son objectif premier : embrasser l’univers dans sa totalité et chercher à comprendre ce qui reliait entre elles chacune des facettes de la réalité.

A. de Humbolt vivait à un autre âge du savoir. À son époque, des régions entières du monde étaient encore inexplorées. L’intérieur de l’Afrique restait à découvrir, tout comme une grande partie de l’Amérique centrale, de l’Amazonie, des Andes. Les progrès du savoir dépendaient uniquement de voyages au long cours, dans des régions souvent inhospitalières.

Aujourd’hui, le territoire de l’humain a été sillonné de toute part. Pas un groupe humain qui n’ait reçu sa visite d’anthropologues, pas un seul milieu professionnel n’est ignoré des sociologues, pas un âge de l’enfance qui n’ait fait l’objet d’observations minutieuses, pas une période de l’histoire demeurant dans l’ombre. On sait tout sur presque tout.

Le plus grand défi du savoir ne consiste donc plus à partir sous les tropiques en quête d’une tribu nouvelle ou à débusquer dans les archives des manuscrits inexploités. Il est au contraire de faire face à une avalanche de recherches, d’études et de données. Pour explorer le territoire de l’humain, il faut apprendre à circuler dans le dédale des rayons de bibliothèques, escalader des montagnes de documents, ne pas se laisser engloutir sous le poids des informations, et tenter de ne pas se laisser dérouter par l’abondance de modèles et de théories souvent discordantes.

En son temps, A. de Humboldt savait, déjà, qu’il lui fallait trouver une méthode pour surmonter le flot proliférant des données. De retour à Berlin, après une carrière de géographe bien remplie, il a eu en tête d’écrire un ouvrage de synthèse dans lequel il présenterait l’essentiel des connaissances sur le monde physique « de la mousse aux étoiles ». Il a commencé la rédaction de Cosmos assez tardivement, vers l’âge de 60 ans et l’a publié en 1845, l’année de ses 75 ans. Au passage, notons qu’il est toujours réconfortant pour un auteur de prendre pour modèle Humboldt quand on vise à réaliser son grand œuvre. Cela permet d’entretenir l’illusion que même quand sonne l’heure de la retraite, on a toujours encore une vie devant soi (et permet d’ignorer qu’à 51 ans Balzac ou Proust étaient déjà morts).

Dans sa préface, A. de Humboldt explique que son objectif n’est ni de rédiger une encyclopédie (qui noie le lecteur dans une infinité de détails et l’essentiel derrière le particulier), ni une théorie générale (qui enveloppe la réalité dans des modèles abstraits, désincarnés et souvent spéculatifs). Il est en quête d’une formulation à mi-distance entre le général et le particulier, la théorie et les faits, les vues synthétiques illustrées de récit vivants et de faits exemplaires. Le tout écrit dans une langue admirable.

Cosmos figure en bonne place dans ma petite « bibliothèque idéale » que j’ai rassemblée avec d’autres livres fétiches et que je conserve toujours à portée de main. Dans mes moments de délire intérieur (qui est la condition normale de l’être humain au repos), il m’arrive de me voir en un Humboldt des sciences humaines. Entendons-nous bien : je ne cherche pas à me comparer à lui (même si j’ai une haute idée de moi-même, je garde quand même le sens de la mesure) mais sa démarche m’inspire. Je m’imagine cartographiant le monde de l’humain, comme lui l’a fait pour le monde physique.

Le principe choisi par A. de Humbolt dans Cosmos relève autant d’un souci de lisibilité que d’une exigence de méthode. Son défi est double : s’il cherche à articuler à la fois l’empirique et le théorique, il veut aussi connecter entre eux les savoirs spécialisés. Une botanique, dit-il, qui se limiterait à la physiologie des plantes et à leur classification ne permettrait pas de comprendre pourquoi certaines d’entre elles poussent sur tel terrain et dans telle région. Pourquoi la nature donne naissance ici à des cactus, là à des bananiers et ailleurs à des anémones ? La science des plantes a autant besoin d’en appeler à la physiologie qu’à la météorologie, la géologie ou la géographie pour répondre à ces questions.

La même démarche vaut pour l’étude des humains. Une psychologie qui ne s’occupe que du psychisme (la cognition, les émotions, les motivations) a du mal à rendre compte pourquoi telle forme d’intelligence, telle personnalité, telle passion se déploie ici et non ailleurs. Les milieux sociaux devraient s’expliquer d’eux-mêmes dans le cadre d’une histoire longue faite de forces profondes et d’aléas. Or, ces dynamiques historiques sont soumises à des ordres de réalité où s’entremêlent l’économie, la démographie, le climat, les guerres, les conflits, les idéologies ou les techniques.

Toute la difficulté de l’entreprise consiste à articuler le général et le particulier, le tout et les parties, les modèles et les récits vivants, l’unité et la diversité, la nature humaine et la diversité de ses manifestations.

Cartographier les savoirs

Imaginons le « territoire de l’humain » projeté sur une carte.

Dans mon imaginaire d’explorateur, il se divise en grands espaces : 1. le monde animal (les humains en font partie), 2. le monde de la pensée (et de la cognition), 3. le domaine des motivations, pulsions, besoins, aspirations et autres ressorts de l’action, 4. la vie en société (formes familiale, économique, politique), 5. le domaine du passé (avec ses étapes, ses bifurcations, ses forces souterraines), 6. le monde de l’individu (et ses microcosmes d’appartenance).

Chaque domaine de notre vie est étudié par des hordes de spécialistes : le continent psychique est investi par des psychologues, le domaine du social est investi par les sociologues, le domaine du passé par les historiens, etc. Chaque spécialité s’est subdivisée à son tour : des sociologues étudient la jeunesse, d’autres le monde du travail, d’autres encore les transformations de la famille ; les historiens se sont répartis les grandes périodes de l’histoire, et les anthropologues ont leurs terrains d’élection.

Ce qui complique encore l’affaire est qu’au sein d’un même domaine, les spécialistes ne sont pas toujours d’accord entre eux (cela dit, tout le monde sait aujourd’hui que c’est aussi le cas pour les virologues).

Si cette division du savoir est nécessaire au développement des connaissances, elle finit aussi par séparer ce qui, dans la réalité, est organiquement relié. Les phénomènes humains s’incarnent toujours dans des faits, des situations ou des personnages singuliers et les différentes dimensions de l’humain sont inextricablement combinées entre elles.

Dès lors, aucun savoir ne peut se refermer sur lui-même comme l’avait admirablement formulé Blaise Pascal : « Je tiens impossible de connaître les parties, sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître les parties. » Ce dilemme du savoir, A. de Humboldt l’avait déjà bien compris. Edgar Morin en a fait aussi une de ses règles de méthode.

Cette loi d’interdépendance des connaissances impose donc, quand on veut comprendre les humains, à s’embarquer pour un très long voyage dans les contrées du savoir.

Avant de s’élancer dans une telle expédition, il faut donc se munir d’une méthode, d’un plan de marche et d’une discipline rigoureuse.

• L’enquête

La démarche humanologique n’a rien de très original. Elle est celle de l’enquête. Elle vaut pour les énigmes policières (qui est le coupable ?), la recherche des objet perdus, (où sont passés mes clés ?), la réparation d’un moteur (d’où vient la en panne ?), la physique (quelle est la forme de l’univers ?). La démarche de l’historien relève aussi de l’enquête. En grec ancien « historia » signifie « enquête » et quand Hérodote écrit ses Histoires, il se livre explicitement à une enquête sur les mœurs des peuples qu’il a rencontrés au fil de ses voyages (en Asie mineure, Afrique du nord, Europe) ou sur les guerres médiques (entre la Perse et les Cités grecques) qui ont agité la Grèce durant sa jeunesse (de 490 à 479 av. J.-C.). Son but n’est jamais simplement de décrire mais de comprendre et de démêler les causes des phénomènes qu’il observe. Aristote a écrit une Histoire des animaux en neuf livres. « Histoire » est ici aussi à comprendre comme une enquête sur la nature animale : Aristote cherche à répondre à quelques questions fondamentales sur la nature animale, ses différents types, ce qui les fait se mouvoir, leur mode de reproduction, etc.

L’enquête humanologique ne procède pas autrement. Elle se décompose en trois temps. Questions, hypothèses, confrontations.

Les questions sont parfois très vastes (comment fonctionne l’esprit ? qu’est-ce qu’une société ? quel rôle ont les idées dans l’histoire ?), de moyenne portée (existe-t-il une grammaire universelle ?) ou plus particulière (pourquoi les Aborigènes n’ont-ils pas inventé l’écriture ? pourquoi les enfants jouent-ils ?). Répondre à une question, c’est d’abord poser des hypothèses, émettre des théories (sans lesquelles les faits bruts n’ont pas de signification). La mise à plat des hypothèses appelle un travail de recensement des théories en présence. Ce que Jean-Jacques Rousseau appelait son « magasin d’idées ».

Commence alors l’investigation proprement dite : celle de la confrontation entre les faits et les théories. C’est assez simple à énoncer mais plus difficile à mettre en pratique. C’est à ce stade que vous voilà embarqué dans un voyage sans fin.

J’ai passé une partie de ma carrière professionnelle à « cartographier les savoirs » sur une foule de sujets : des mécanismes de la violence aux recherches sur le cerveau, de l’histoire des empires aux explications de l’autisme, des théories du capitalisme à l’archéologie du pouvoir.

Dans un premier temps, ces investigations tous azimuts ne mènent pas très loin. Lisez un article sur les origines du langage : si l’auteur est clair et convaincant, la question est comprise ; lisez trois articles sur le sujet, de trois auteurs différents, les choses comment à s’embrouiller. Lisez-en dix, vous êtes perdus.

En matière de sciences de l’humain, les théories sont nombreuses et rarement concordantes, les faits sont multiples et ambigus, et les phénomènes, impossibles à isoler.

L’hyperspécialisation, ou montée en abstraction, n’est qu’un refuge provisoire. Tous les chercheurs le savent bien.

La circulation à travers les différents champs du savoir n’est pas une porte de sortie plus facile. Elle ne donne pas la sciences infuse. Elle permet simplement de mieux circuler dans les labyrinthes du savoir. Elle permet aussi à force de croisements, de recoupements, de confrontations, de comparaisons, de faire surgir des visions nouvelles.

• Une discipline de vie

Pour se lancer dans un projet de quelque envergure – explorer le monde de l’humain en est un – il faut une discipline de vie très stricte. Elle s’apparente à celle d’un moine bénédictin, (la chasteté en moins) ou à celle d’un sportif professionnel (sans les cris des fans et les engueulades du coach). Concrètement, cela implique de passer chaque jour plusieurs heures à étudier, se documenter, interroger les spécialistes, se plonger dans les livres ou s’abîmer la vue derrière un écran, s’engloutir dans tous les flots d’informations disponibles. Et quand c’est possible, observer. Puis tenter, au terme de chaque petite expédition en terre humaine, de faire le bilan de ce que j’ai compris, appris ou cru découvrir.

C’est un petit jeu souvent passionnant, exaltant, parfois épuisant et déroutant.

Je tiens le rythme depuis quatre décennies.

On a dit et redit qu’il n’était plus possible à quiconque de maîtriser tous les savoirs de son temps. Et à force de le répéter sans réfléchir, on a fini par en faire une évidence. Or c’est à la fois vrai et faux. Vrai : depuis longtemps en effet, il n’est plus possible de maîtriser tout le savoir y compris dans sa discipline de spécialité ; qu’il s’agisse des mathématiques ou de l’histoire du Moyen Âge, le nombre de publications, de livres, d’articles, de fichiers électroniques forment des montagnes de documentation toujours plus haute. Il existe 45 000 livres consacrés à saint Thomas d’Aquin, plus de 10 000 chercheurs en psychologie de l’enfant dans le monde ont le souci de publier dans des revues spécialisées, la bibliographie relative à la Seconde Guerre mondiale ne tiendrait pas dans un immeuble de cinq étages. Mais est-ce que cette avalanche documentaire condamne toute tentative de savoir synthétique ? Je ne le crois pas.

On ne demande pas à un médecin généraliste d’être à la fois spécialiste en dermatologie, en endocrinologie, pédiatrie, psychiatrie et oncologie. On attend simplement de lui qu’il en sache assez dans chaque domaine pour faire un diagnostic avisé. On ne demande pas un architecte de connaître toutes les professions du bâtiment, ni même de les pratiquer. Il doit simplement en savoir assez sur la charpente, la maçonnerie, la boiserie, pour concevoir un bâtiment fonctionnel.

Je me suis lancé dans le domaine des sciences humaines, il y a bien longtemps, avec l’ambition, certes démesurée, d’en explorer toutes les contrées. Cela m’a conduit à rédiger des centaines d’articles sur des sujets aussi divers que les neurosciences du désir, la sociologie des mafieux, la sexualité des bonobos, l’histoire des découvertes ou la psychologie de l’imagination. J’ai rencontré des spécialistes de tout bord, engloutis des tonnes de livres, piloté des dossiers, dirigé des ouvrages collectifs et rédigé quelques livres de synthèse.

Mais au cours de ces pérégrinations, je ne me suis jamais détourné de mon objectif initial : comprendre l’être humain dans sa globalité. Aborder chaque domaine de spécialité comme les pièces d’un puzzle qu’il faudrait un jour rassembler. C’est en cela que je me sens proche d’A. de Humboldt – le génie en moins.

Où suis-je ?

En ce mois de novembre 2021, je boucle le numéro 5 de L’Humanologue. Je regarde derrière moi. Je me surprends à sourire : un sourire mi-satisfait, mi-nerveux, mélange de fierté et de moquerie.

La fierté du travail accompli, (500 pages publiées, 80 sujets traités, après tout j’aurais pu sombrer dès le départ), fierté de montrer ce bel objet éditorial, fierté d’avoir su glisser quelques idées générales.

Mais comment aussi ne pas me moquer ? En feuilletant les numéros publiés, je repense à la remarque d’un ami lecteur : « J’aime beaucoup, ça me fait penser au Reader’s digest ». Ce compliment m’a gentiment crucifié. Je me voyais en Alexandre de Humboldt de la condition humaine, je me retrouve plus proche de L’Almanach du Bonhomme Richard (que Benjamin Franklin a rédigé et publié seul pendant 25 ans). Finalement L’Humanologue finira peut-être comme un bric-à-brac décousu des affaires humaines (sans les recettes de cuisine, les quizz et les mots croisés). D’où ce petit moment de spleen au moment de boucler ce numéro et d’entamer la prochaine expédition.

Le voyage est encore long. •

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